Québec, le 21 mars 2002 À la
demande du ministre dÉtat aux Affaires municipales, à la Métropole, à
lEnvironnement et à lEau, M. André Boisclair, le Bureau daudiences
publiques sur lenvironnement (BAPE) rend public aujourdhui son rapport
denquête et daudience publique sur le projet du ministère des Transports du
Québec concernant la modernisation de la rue Notre-Dame à Montréal. La
commission, chargée de lexamen du projet, était présidée par Mme Louise
Boucher, secondée par MM. Alain Cloutier et Louis Dériger, commissaires.
Subséquemment à la consultation publique, il ressort clairement que
le statu quo est inacceptable et quil est primordial que des travaux
daménagement soient entrepris.
Au terme de son analyse, la commission estime que le projet
améliorerait à court terme la situation actuelle du transport local et régional.
Toutefois, il demeure problématique à plusieurs égards.
Laudience aura fait ressortir quune majorité de
participants, dont la Ville de Montréal, sopposent au concept de voies en tranchée
proposé par le ministère des Transports du Québec et préconisent plutôt un concept de
boulevard urbain. La commission croit que laménagement de la rue Notre-Dame doit
sinscrire dans le respect des principes du développement durable et sappuyer
sur la mixité des activités urbaines. La modernisation de la rue Notre-Dame offre à cet
égard loccasion de revitaliser les abords du quartier qui longent cette artère.
Dans ce contexte, la commission considère que le projet de modernisation de la rue
Notre-Dame devrait être réexaminé par le ministère des Transports du Québec de
concert avec la Ville de Montréal.
Un projet gouvernemental qui séloigne des choix urbanistiques
municipaux
La route encaissée que le Ministère propose diffère des
orientations du plan durbanisme de la Ville de Montréal, tout comme elle
savère difficilement conciliable avec les orientations du schéma
daménagement du territoire, tous deux prévoyant un boulevard urbain sur la partie
résidentielle du parcours, à louest de la rue Vimont.
Selon la commission, le projet répond toutefois aux orientations
gouvernementales du cadre daménagement de la Communauté métropolitaine de
Montréal et ultérieurement au schéma métropolitain daménagement et de
développement.
Un projet qui devrait favoriser davantage le transport collectif
La commission considère que le projet devrait davantage favoriser
le transport en commun et le covoiturage par laddition, dès la mise en service de
la rue Notre-Dame modernisée, de voies à lusage du transport collectif.
La commission considère que laménagement de la rue Notre-Dame
devrait profiter au premier chef de lorientation gouvernementale qui vise à
favoriser le transport en commun à la grandeur de la région de Montréal, puisque des
interventions en ce sens devraient améliorer la fluidité du transport en réduisant le
nombre de véhicules automobiles. Selon la commission, limplantation des voies
réservées sur les accotements plutôt quen site propre ne permettrait pas
dobtenir les meilleurs résultats.
Un projet qui mise sur le court terme
En augmentant la capacité routière de la rue Notre-Dame et en
réduisant les points de conflit grâce à son encaissement, le projet améliorerait
certes la fluidité de la circulation et la sécurité sur la rue Notre-Dame. Cependant la
commission estime que cette stratégie ne serait efficace quà court terme,
puisquau retour de la congestion, à lhorizon 2011, la situation ne ferait que
de se détériorer à nouveau.
La commission reconnaît les efforts quentend déployer le
ministère des Transports du Québec pour réaménager et agrandir certains parcs et
places publiques du secteur. Cependant, elle estime que le concept des voies rapides
encaissées renforcerait leffet de coupure entre les quartiers résidentiels et le
corridor industrialo-portuaire et risquerait disoler davantage les quartiers
résidentiels du fleuve Saint-Laurent, ne favorisant pas une éventuelle appropriation des
lieux par les riverains. Ainsi, en raison de lirrévocabilité de la tranchée que
propose le promoteur sur une grande partie du parcours, le projet ne permettrait pas une
utilisation différente ultérieure des espaces urbains du secteur visé.
Une solution de rechange prometteuse
Selon la commission, la proposition de boulevard urbain de la Ville
de Montréal présente dimportants avantages sur le projet du Ministère. Elle offre
une solution multimodale axée davantage sur le transport collectif et sarticule
autour dune approche de revitalisation urbaine du secteur de la rue Notre-Dame. En
plus de sinscrire dans le sens des orientations municipales daménagement
déjà établies et dapparaître conforme à celles du cadre daménagement, la
proposition de la Ville recherche le compromis avec le projet ministériel. Elle reprend
dailleurs plusieurs éléments du projet, notamment en ce qui a trait aux parcs.
La proposition de la Ville de Montréal se démarque du projet du
Ministère en favorisant le transport en commun. Par ailleurs, la vocation mixte des
espaces rendus disponibles par une emprise réduite permettrait une intégration
harmonieuse du boulevard aux quartiers existants et influencerait positivement la qualité
de vie des résidants en minimisant leffet de coupure.
Il appartient maintenant au Ministre dÉtat de faire ses
recommandations au Conseil des ministres qui prendra la décision finale quant à
lavenir du projet.
La disponibilité du rapport
Le rapport denquête et daudience publique sur le
projet de modernisation de la rue Notre-Dame à Montréal, est maintenant public.
Il suffit den faire la demande à notre bureau en communiquant soit par courriel communication@bape.gouv.qc.ca , soit en
composant le (418) 643-7447 ou, sans frais, le 1 800 463-4732. Le rapport est aussi
disponible sur Internet à ladresse suivante : www.bape.gouv.qc.ca/notredame